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		<title>JournArles</title>
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		<title>La face cach&#233;e de la d&#233;croissance</title>
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		<dc:date>2006-10-18T10:42:03Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Cyril DI MEO, enseignant en sciences &#233;conomiques et sociales est l'auteur du livre &#171; La face cach&#233;e de la d&#233;croissance &#187;. Pour alimenter le d&#233;bat de la conf&#233;rence de ce jeudi soir en Arles, Journarles pr&#233;sente ici les observations de Jean Marie Harribey, conseil scientifique d'ATTAC &#224; l'&#233;gard de la d&#233;croissance (Extrait de Politis No 917 - 14/9/06). &lt;br class='autobr' /&gt; Les dangers du discours sur la d&#233;croissance Cyril Di M&#233;o et Jean-Marie Harribey &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#171; marches pour la d&#233;croissance &#187; se sont multipli&#233;es cet &#233;t&#233;, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.journarles.org/spip.php?rubrique75" rel="directory"&gt;Ev&#232;nements&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cyril DI MEO, enseignant en sciences &#233;conomiques et sociales est l'auteur du livre &#171; La face cach&#233;e de la d&#233;croissance &#187;. Pour alimenter le d&#233;bat de la conf&#233;rence de ce jeudi soir en Arles, Journarles pr&#233;sente ici les observations de Jean Marie Harribey, conseil scientifique d'ATTAC &#224; l'&#233;gard de la d&#233;croissance (Extrait de Politis No 917 - 14/9/06).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;strong&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les dangers du discours sur la d&#233;croissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt; Cyril Di M&#233;o et Jean-Marie Harribey&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; marches pour la d&#233;croissance &#187; se sont multipli&#233;es cet &#233;t&#233;, traduisant l'installation de la notion de d&#233;croissance au sein de la galaxie altermondialiste. Cet attrait nouveau a l'avantage, diront certains, de mettre la question &#233;cologique au centre d'une mouvance souvent productiviste qui &#171; oublie &#187; l'&#233;cologie. Mais cela se fait avec la propagation d'id&#233;es relativement dangereuses d&#233;passant la seule question &#233;cologique. La critique de l' &#171; &#233;conomicisme &#187;, l'&#233;loge de la pauvret&#233; et la promotion d'une &#171; sortie de l'&#233;conomie mon&#233;taire &#187; montrent que c'est &#224; la modernit&#233; que s'attaquent les d&#233;croissants, beaucoup plus qu'au capitalisme r&#233;el, notamment celui de la phase n&#233;olib&#233;rale actuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Economie, &#171; &#233;conomisme &#187;, &#233;c&#171; onomicisme &#187;, &#171; oxymore de l'&#233;conomie sociale &#187;, les n&#233;ologismes sont de plus en plus nombreux pour critiquer la domination du d&#233;veloppement, de l'&#233;conomie et du lib&#233;ralisme. Mais, plus qu'une pens&#233;e critique de la forme capitaliste de&lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;conomie moderne, c'est une remise en cause g&#233;n&#233;rale de l'&#233;conomie sous couvert d'une&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;nonciation de l'&#233;conomisme qui est en jeu. L'&#233;conomie est &#171; essentialis&#233;e &#187;, &#171; occidentalis&#233;e &#187; sur la base d'un anti-marxisme et d'un anti-lib&#233;ralisme primaires. D'une part, les d&#233;croissants rejettent une des principales avanc&#233;es de l'&#233;conomie politique marxiste : la description de diff&#233;rents modes de production, de consommation et de r&#233;partition des richesses, montrant que ces syst&#232;mes prennent des formes culturelles et historiques variables. D'autre part, ils attaquent le lib&#233;ralisme pour ce qu'il a d' &#171; europ&#233;ocentr&#233; &#187;, d' &#171; occidental &#187;, d' &#171; &#233;conomiciste &#187;, notions extr&#234;mement vagues, et non pas pour ce qu'il repr&#233;sente en termes de rapports sociaux. Ils se privent ainsi d'une &#233;conomie politique r&#233;elle au profit de la promotion d'un imaginaire &#171; non&#233;conomiciste &#187; et ils passent &#224; c&#244;t&#233; des destructions modernes du capitalisme, notamment la pr&#233;carisation croissante. C'est d'ailleurs pour cela que leur &#233;loge r&#233;current et g&#233;n&#233;ral de la pauvret&#233;, de la frugalit&#233;, de la simplicit&#233; volontaire pose question &#224; un moment o&#249; le capitalisme cr&#233;e de plus en plus de pauvret&#233; subie. La substitution d'une critique esth&#233;tique ou m&#233;taphysique &#224; une critique sociale du capitalisme n'est donc pas sans dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, l&#224; o&#249; la d&#233;croissance pose le plus de probl&#232;mes aux d&#233;fenseurs des services publics et non marchands, c'est dans les propositions de &#171; sortie &#187; de l'&#233;conomie mon&#233;taire ou de l' &#233;conomie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;croissants vantent l'autoproduction, le don, les syst&#232;mes d'&#233;change locaux (d'autant plus qu'ils peuvent passer pour &#234;tre du troc) et nombre d'autres formes d'&#233;change non mon&#233;taires. A titre individuel, ces exp&#233;riences sont respectables et souvent utiles, mais, &#224; titre collectif, elles posent de lourds probl&#232;mes. La mon&#233;tarisation de la production et de la consommation permet, au del&#224; de la sph&#232;re marchande et via les pr&#233;l&#232;vements obligatoires, leur socialisation partielle dans le cadre de l'Etat-Providence. Assurance maladie, assurance ch&#244;mage, retraites par r&#233;partition sont assises sur cette &#233;conomie mon&#233;taire. Et c'est au nom d'une solidarit&#233; collective obligatoire et anonyme que s'exerce cette protection, c'est-&#224;-dire une certaine redistribution. Que deviendraient ces solidarit&#233;s institutionnalis&#233;es, obtenues par les luttes sociales, dans une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance d&#233;mon&#233;taris&#233;e ? H&#233;las, il y a tout &#224; parier, qu'elles dispara&#238;traient au profit de protections, individuelles, familiales ou communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plus que jamais, les altermondialistes doivent &#234;tre attentifs &#224; ce qu'en leur sein n'apparaissent pas les id&#233;ologies qui accompagnent la destruction des rares avanc&#233;es du salariat, notamment les syst&#232;mes de solidarit&#233; institutionnilasis&#233;s par la protection sociale et l'&#233;ducation pour tous.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt; H&#233;las, cette propagation des th&#232;ses d&#233;croissantistes est facilit&#233;e par la rigidit&#233; des positions productivistes, sourdes &#224; l'&#233;cologie, encore fr&#233;quentes au sein du mouvement social et de l'altermondialisme. Mais la &#171; sortie &#187; de l'&#233;conomie et des &#233;changes mon&#233;taires serait p&#233;rilleuse pour les syst&#232;mes de solidarit&#233;. Car la d&#233;croissance, plus qu'une critique &#233;cologique du productivisme, est bien une remise en cause des modes de socialisation contemporains de la richesse. Il y a donc urgence &#224; ne pas laisser l'&#233;cologie aux seules mains des d&#233;croissants et &#224; penser un d&#233;veloppement alternatif de qualit&#233;. Les voies d'une socialisation d&#233;mocratique et d'une &#233;cologisation de l'activit&#233; &#233;conomique restent &#224; explorer. La part des activit&#233;s non marchandes, c'est-&#224;-dire dont le financement est collectif, doit progressivement s'&#233;tendre au d&#233;triment de la sph&#232;re de la marchandise qui ne peut &#234;tre confondue avec la sph&#232;re mon&#233;taire. La r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, au Nord comme au Sud de la plan&#232;te, pourra se faire essentiellement par le biais de l'augmentation et de l'am&#233;lioration des services publics, de la protection sociale, de l'&#233;ducation, et par celui d'une r&#233;partition entre tous du travail &#224; accomplir pour que chacun ait &#224; moins travailler. Refuser l'id&#233;ologie de la d&#233;croissance n'enl&#232;vera pas la n&#233;cessit&#233; de d&#233;connecter progressivement le d&#233;veloppement de la croissance, d&#232;s lors que les besoins essentiels sont satisfaits, parce que le mieux-&#234;tre ne peut s'identifier perp&#233;tuellement au plus-avoir, mais cela n'a rien &#224; voir avec un refus aveugle de la modernit&#233; et de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cyril Di M&#233;o, &#233;conomiste, a publi&#233; &lt;i&gt;&#034;La face cach&#233;e de la d&#233;croissance, La d&#233;croissance :&lt;br class='autobr' /&gt;
une r&#233;elle solution face &#224; la crise &#233;cologique ?&#034;&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 2006 ; &lt;a href=&#034;http://cyril-dimeo.overblog.com&#034; class='spip_out' rel='external'&gt;http://cyril-dimeo.overblog.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Marie Harribey, &#233;conomiste, a dirig&#233; pour Attac &#034;Le Petit Alter, Dictionnaire&lt;br class='autobr' /&gt;
altermondialiste&#034;, Paris, Mille et une nuits, 2006 ; &lt;a href=&#034;http://harribey.u-bordeaux4.fr&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;http://harribey.u-bordeaux4.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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