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Trois étudiants d’Arles inculpés

mercredi 23 juin 2004, par Forum Civique Européen

Trois étudiants arlésiens, ont été interpellés avec violence, mis en garde-à-vue, et jugés en comparution immédiate au tribunal de Grande Instance de Montpellier.
Le procès en appel est reporté.

Trois étudiants arlésiens ont été interpellés avec violence, mis en garde-à-vue, et jugés en comparution immédiate au tribunal de Grande Instance de Montpellier. La sentence prononcée à l’issue d’un simulacre de procès a été pour deux de ces jeunes, âgés respectivement de 21 et 22 ans, d’un an de prison avec sursis, 300 Euros d’amende et 5 ans de mise à l’épreuve, après que le procureur a réclamé de la prison ferme !

Voici les faits :
Dans la nuit du mardi 24 au mercredi 25 février au cours du Carnaval organisé par les étudiants de Montpellier sur la place de la Comédie et qui constitue chaque année une fête populaire et familiale, une vitrine d’un magasin de chaussures est brisée. S’en suit alors une très importante intervention de police (Police nationale, B.A.C., C.R.S., ...). Selon de nombreux témoignages, cette charge a semblé disproportionnée par rapport au délit. Le présumé “casseur“ a d’ailleurs été interpellé immédiatement par les forces de l’ordre.
Dans le mouvement de panique généralisée, atteints par les gaz lacrymogènes, les trois jeunes se sont trouvés séparés. L’un d’eux, cherchant à se protéger, est arrêté sans ménagement, menotté, matraqué, et conduit au commissariat central. Les deux autres, fuyant la charge des policiers et s’étant dans un premier temps éloigné du lieu de l’affrontement, se sont vus gazés à bout portant par une bombe lacrymogène. Incapables de se déplacer et de réagir pendant une vingtaine de minutes, ils tentent un peu plus tard de retrouver leur camarade, le calme étant revenu sur la place.
C’est alors qu’ils sont eux-mêmes plaqués au sol, roués de coups de pieds et de matraques, et amenés au poste.
L’accusation portée contre eux est d’avoir agressé les forces de l’ordre avec armes (bouteilles de bière). Pendant la garde à vue de 36 heures, leurs droits leur ont été notifiés, mais ni leurs familles, ni leur avocat n’ont été contactés. Vexations et humiliations ne leur ont pas été épargnées.
Les deux premiers, assignés en comparution immédiate, le jeudi 26 février, avec avocats commis d’office, ils ont été jugés de façon expéditive. Les policiers, partie plaignante, ont prêté serment sur des faits que de nombreux témoins auraient contesté. Or, personne n’a été appelé à témoigner. Les vidéos de surveillance de la Comédie ont été déclarées “inutilisables car il y avait trop de fumée“. Il faut savoir que les caméras de surveillance fonctionnant en permanence sont nombreuses et que ce soir-là ce sont des gaz lacrymogènes et non des fumigènes qui ont été lancés. “On a jamais rien lancé, on était en train de danser et puis c’est parti dans tous les sens ! On s’est pris du gaz lacrymogène et après les policiers nous ont arrêtés en disant “ c’est vous, on vous reconnaît“.
Le verdict aberrant prononcé a été d’un an de prison avec sursis, 300 Euros d’amende et cinq ans de mise à l’épreuve. Quant à l’appel, la plu part des avocats consultés, bien que convaincus de leur innocence au vu du dossier, l’ont vivement déconseillé certifiant que la Cour d’Appel de Montpellier, réputée comme l’une des plus sévère de France, ne reviendra jamais sur un jugement concernant les agents de la force publique !
Le troisième, qui avait demandé un report de procès pour préparer sa défense, a été relaxé le 23 mars grâce à une vidéo amateur prouvant son innocence, mais aussi car le dossier des policiers était trop... décousu ! selon le juge...
Depuis, nous avons appris que la police faisait appel de la décision pour les 3 arlésiens (les deux premiers passeront en appel le 23 juin à Montpellier. Le troisième, malgré une vidéo et un dossier incompréhensible à son égard, n’a pas encore reçu sa date de passage).
On se demande quand cette histoire s’arrêtera...
Est-il acceptable que la police nationale donne à de jeunes citoyens une image aussi déplorable, que leur avenir professionnel risque d’être irrémédiablement compromis sur la base d’une telle justice.
De tels faits ne grandissent pas l’image de la police, mais au contraire la dégradent un peu plus aux yeux des citoyens que nous sommes.
Vincent, Baptiste et Cyril doivent-ils payer de leur personne parce qu’ils se trouvaient là au mauvais moment ?

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Contact : Association Attention Culture !, 14 rue Réattu, 13200 ARLES
tel : 04 90 96 59 93, e.mail : contact@passionnés.com

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