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		<title>JournArles</title>
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		<title>Du d&#233;veloppement durable &#224; la d&#233;croissance soutenable</title>
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		<dc:date>2004-06-08T14:54:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Forum Civique Europ&#233;en</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;par Jean-Claude Besson-Girard&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.journarles.org/spip.php?rubrique52" rel="directory"&gt;du d&#233;veloppement durable &#224; la d&#233;croissance soutenable&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Un n&#233;nuphar sur un &#233;tang double sa surface tous les jours. Sachant qu'il lui faut trente jours pour couvrir tout l'&#233;tang, &#233;touffant alors toute forme de vie aquatique, quand en aura-t-il couvert la moiti&#233;, derni&#232;re limite pour agir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfant, la r&#233;ponse - pourtant &#233;vidente - le 29&#232;me jour, nous troublait. Cette r&#233;cr&#233;ation illustre un ph&#233;nom&#232;ne math&#233;matique fondamental : la croissance exponentielle dans un domaine fini. Fondamental parce qu'il en va ainsi de toutes les formes de croissance, d&#233;mographique et &#233;conomique notamment, sur notre plan&#232;te. Mais qui deviendra dramatique si l'on ne remet pas en cause l'hypoth&#232;se aveugl&#233;ment admise d'une possibilit&#233; de croissances illimit&#233;es, et qu'en prenant conscience, on n'agit pas quand il est temps encore. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi commence la pr&#233;face que Robert LATTES donna &#224; un livre publi&#233; en France, il y a 31 ans, sous le titre &#171; HALTE A LA CROISSANCE ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant de commencer je dois vous remercier car vous me permettez, ce soir, de mesurer l'int&#233;r&#234;t que l'opinion publique d'Arles peut porter &#224; un sujet de conf&#233;rence et de d&#233;bat aussi peu attrayant a priori, pour ne pas dire totalement repoussant. Combat de boxe perdu d'avance entre &#224; ma droite &#171; le d&#233;veloppement durable &#187; et &#224; ma gauche &#171; la d&#233;croissance soutenable &#187;. Si l'on ouvrait des paris n'importe qui de sens&#233; ne miserait pas un euro sur les chances de &#171; la d&#233;croissance soutenable &#187; face &#224; cette merveilleuse promesse de bonheur &#233;ternel que repr&#233;sente la notion r&#234;v&#233;e de &#171; d&#233;veloppement durable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui suis-je et &#224; quel titre viens-je en ce lieu prendre le risque de vous ennuyer, voire, m&#234;me, de vous d&#233;sesp&#233;rer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis peintre et j'&#233;cris. Je suis peintre simplement, si j'ose dire, pour t&#233;moigner de la beaut&#233; du monde. J'&#233;cris, tr&#232;s souvent pour d&#233;noncer ce qui, dans les activit&#233;s humaines, menace la beaut&#233; du monde, celle de la nature comme celle des personnes humaines, des choses et des lieux. Bref je suis habitant de la plan&#232;te Terre, comme vous, et citoyen du monde, comme vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'adolescence, je m'int&#233;resse au fait que l'homme soit un animal politique (Aristote) et je crois &#234;tre rest&#233; fid&#232;le &#224; un esprit de r&#233;volte qui m'a envahi &#224; ce moment-l&#224;. Ma conscience du monde a toujours &#233;t&#233; insurg&#233;e. C'est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967 j'ai fait &#171; la gr&#232;ve de l'art &#187; et quelques ann&#233;es plus tard, et pendant une douzaine d'ann&#233;es, dans les C&#233;vennes gardoises, j'ai v&#233;cu le plus concr&#232;tement que l'on puisse imaginer, ce dont je vais vous parler avant d'en d&#233;battre avec vous ce soir : la d&#233;croissance soutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au seul titre d'une exp&#233;rience v&#233;cue et d'une r&#233;flexion de longue date que je m'adresse &#224; vous. Je ne suis ni &#233;conomiste, ni philosophe professionnel, ni politicien. Je ne suis qu'un citoyen du monde qui, depuis assez longtemps maintenant, essaie de comprendre le monde pour le transformer en se transformant lui-m&#234;me. Bref je suis comme vous !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trente ans, dans les C&#233;vennes, j'ai rencontr&#233; Pierre RABHI et nous sommes devenus amis. Quand en octobre 2001, Pierre RABHI d&#233;cida de r&#233;pondre positivement &#224; un &#171; Appel pour une insurrection des consciences &#187;, nos chemins se sont &#224; nouveau rapproch&#233;s et c'est ainsi que j'ai v&#233;cu l'exp&#233;rience d'&#234;tre son directeur de campagne pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (pour laquelle nous avons recueilli en moins de 3 mois, 184 signatures de parrainage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour achever cette br&#232;ve pr&#233;sentation je dirais que parmi les grandes rencontres de mon existence il y eut celle d'Armand PETITJEAN. Cet homme, qui a eu 90 ans hier, est celui qui a introduit en France la pens&#233;e de l'&#233;cologie au d&#233;but des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I - BREF HISTORIQUE &amp; SENS DES MOTS &lt;br class='autobr' /&gt;
ET EXPRESSIONS EMPLOY&#201;S&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A) L'invention de la croissance &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un jour, pas un journal, pas une &#233;mission d'informations g&#233;n&#233;rales sans que le mot : &#171; croissance &#187; n'apparaisse ou ne soit prof&#233;r&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La croissance, tout le monde court apr&#232;s, comme si tout le monde accordait &#224; ce mot la vertu magique d'un talisman ou d'une sorte de thermom&#232;tre universel &#224; fonction quasi religieuse et en tout cas dogmatique et incontestable servant &#224; mesurer en d&#233;finitive et rien moins que le bien et le mal dans l'&#233;tat d'une soci&#233;t&#233; particuli&#232;re ou de la soci&#233;t&#233; monde en g&#233;n&#233;ral ! Ce fut, comme vous le savez, le c&#339;ur des discussions d'Evian, il y a quelques jours, entre les 8 pays les plus riches du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reviens une seconde sur :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re &#171; exponentiel &#187; de la croissance dans le passage de Bernard LATTES.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappel de la fonction exponentielle (l'histoire du grain de riz et de l'inventeur du jeu d'&#233;chec)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#034; invention &#034; de la croissance (&#233;conomique) est pourtant une &#034; d&#233;couverte &#034; r&#233;cente. Pendant des mill&#233;naires des soci&#233;t&#233;s humaines, des civilisations importantes sont n&#233;es, se sont d&#233;velopp&#233;es et ont disparu, sans conna&#238;tre &#171; le miracle de la croissance &#233;conomique &#187; (au sens o&#249; nous l'employons aujourd'hui). &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde s'en souvient : c'est en 1690 qu'est r&#233;alis&#233;, par Denis PAPIN, le prototype d'une machine &#224; vapeur et &#224; piston qui va r&#233;volutionner le monde plus que toute autre invention technique depuis celle de la roue, ou celle de la poterie . C'est le perfectionnement de la machine &#224; vapeur (en particulier quand CUGNOT r&#233;alise la premi&#232;re voiture automobile &#224; vapeur en 1770) qui va entra&#238;ner la r&#233;volution industrielle et, entre le d&#233;but et la fin du 19&#232;me si&#232;cle, le revenu moyen par t&#234;te va &#234;tre multipli&#233; par quatre en France et au Royaume-Uni, avec des in&#233;galit&#233;s qui se creusent profond&#233;ment durant cette phase d'accumulation sauvage. Les &#233;conomistes du 19&#232;me, &#224; l'exception de Marx, semblent ne pas avoir vu ni su expliquer les changements qui s'op&#233;raient sous leurs yeux et en particulier ce ph&#233;nom&#232;ne nouveau de la croissance &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous verrons qu'il est bien probable que la plupart des &#233;conomistes d'aujourd'hui soient dans la m&#234;me situation par rapport &#224; la r&#233;alit&#233; du monde en refusant de voir les cons&#233;quences du changement en cours. J'en veux pour preuve le simple fait que l'id&#233;e que la croissance puisse ab&#238;mer ou menacer les &#234;tres humains n'a jamais effleur&#233; les &#233;conomistes, sauf quelques r&#233;centes exceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre l'an 1942 pour qu'un &#233;conomiste autrichien Joseph SCHUMPETER aborde de front la question de la croissance dans son &#339;uvre ma&#238;tresse Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie. Je rappellerai que la th&#232;se principale de SCHUMPETER et de son &#233;cole peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e en disant que le progr&#232;s technique n'engendre de croissance qu'au travers de paris effectu&#233;s par des innovateurs (le chef d'entreprise comme h&#233;ros). Mais lorsque l'intensit&#233; du progr&#232;s technique faiblit, la croissance ralentit ce qui explique ses cycles longs d'expansion et de ralentissement (KONDRATIEFF). C'est ce qu'on nomme d'ordinaire le courant de pens&#233;e structuraliste sur la croissance &#233;conomique. Mais il existe, comme vous le savez, bien d'autres courants de pens&#233;e sur la croissance &#233;conomique : le marxiste, le keyn&#233;sien, le n&#233;oclassique, le neo-keyn&#233;sien, celui de la croissance endog&#232;ne, celui de l'&#233;cole de la r&#233;gulation et, enfin celui d'une &#233;cologie radicale dite de la d&#233;croissance soutenable, conviviale, ou sereine, que je dois pr&#233;senter ce soir pour en d&#233;battre avec vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B) L'invention du d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de d&#233;veloppement est extr&#234;mement r&#233;cente. Sa premi&#232;re apparition date du 20 janvier 1949, dans le discours fondateur du pr&#233;sident des Etats-Unis Harry S. TRUMAN. C'est un an et demi apr&#232;s le lancement du plan MARSHALL (5 juin 1947). &#192; propos de celui-ci, il faut souligner que des milliards de dollars ont &#233;t&#233; &#233;chang&#233;s par le gouvernement am&#233;ricain pour la reconstruction de l'Europe, contre l'accord des Europ&#233;ens &#224; ne faire aucun obstacle au d&#233;veloppement d'une des exportations de l'Am&#233;rique, encore marginale &#224; l'&#233;poque : le cin&#233;ma. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le point 4 du discours de Truman sur l'&#233;tat de l'Union est l'acte inaugural d'une nouvelle &#232;re : celle du &#171; d&#233;veloppement &#187;. Ce texte est &#233;difiant en ce que sa structure m&#234;me est homologue &#224; la structure du discours religieux. Le &#171; d&#233;veloppement &#187; appara&#238;t comme unique solution aux probl&#232;mes de l'humanit&#233; et, du m&#234;me coup, toute interrogation sur la pertinence de cette notion de &#171; d&#233;veloppement &#187; deviendra impossible. Comment attaquer une croyance qui d&#233;termine un programme visant au bonheur universel ?&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut dire, avec Gilbert RIST, qu'&#224; partir de 1949, plus de deux milliards d'habitants de la plan&#232;te vont - &#224; leur insu - changer de nom. Ils ne seront plus Africains, Latino-Am&#233;ricains ou Asiatiques (pour ne pas dire Bambaras, Berb&#232;res, Quechuas, Balinais ou Mongols) mais simplement sous-d&#233;velopp&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;finissant le &#171; sous-d&#233;veloppement &#187; comme un simple &#233;tat de manque, l'&#233;conomisme imposait son ordre. Pour l'&#233;conomiste, la raret&#233; -situ&#233;e au fondement de sa &#171; science &#187;- constitue un &#171; donn&#233; naturel &#187; (plut&#244;t qu'une construction sociale) qu'il s'agit de combattre, m&#234;me si ce combat est d'avance d&#233;clar&#233; vain puisque les &#171; besoins &#187; humains sont pr&#233;suppos&#233;s illimit&#233;s (comme la croissance).&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s 1969 Ivan ILLICH dans son livre Lib&#233;rer l'avenir va s'insurger contre les mirages du d&#233;veloppement. Pourquoi ? Parce que, depuis plus de cinquante ans, dans les faits et non dans son acception mythique, le &#171; d&#233;veloppement &#187; (comme r&#233;alit&#233; historique) n'a &#233;t&#233; que la poursuite du colonialisme par d'autres moyens, de m&#234;me que la mondialisation ultra-lib&#233;rale n'est que la poursuite du d&#233;veloppement par d'autres moyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mondialisation actuelle nous montre ce que le d&#233;veloppement a &#233;t&#233; et que nous n'avons jamais voulu voir. Le d&#233;veloppement r&#233;ellement existant peut se d&#233;finir comme une entreprise qui vise &#224; transformer les rapports des hommes entre eux et avec la nature en marchandises. Elle est bien comme le colonialisme qui la pr&#233;c&#232;de et la mondialisation qui la poursuit, une op&#233;ration &#224; la fois politique et militaire de domination et de conqu&#234;te. C'est le d&#233;veloppement r&#233;ellement existant, celui qui domine la plan&#232;te depuis trois si&#232;cles, qui engendre la plupart des probl&#232;mes sociaux et &#233;cologiques actuels : exclusion, surpopulation, mis&#232;re, pollutions diverses, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on constate ce que recouvre &#171; le d&#233;veloppement &#187; dans la r&#233;alit&#233;, en particulier en Afrique, on ne peut que souhaiter qu'il ne soit pas durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, la notion &#171; d'aide au d&#233;veloppement &#187; ou de don a eu un succ&#232;s consid&#233;rable bien que renvoyant &#224; des conceptions et des conceptualisations diff&#233;rentes selon les cultures. Hors de la culture occidentale, recevoir sans rendre signifie perdre la face et se placer dans a d&#233;pendance du donateur ou mourir. Le don entre ainsi dans un processus de domination dont le donateur (occidental) est d'autant moins conscient qu'il lui attribue une valeur positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au sens mythique du d&#233;veloppement, il d&#233;signe ce qu'il poss&#232;de de commun avec l'aventure occidentale du &#171; d&#233;collage &#187; de l'&#233;conomie telle qu'elle s'est mise en place depuis la r&#233;volution industrielle en Angleterre dans les ann&#233;es 1750-1800. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se confond alors avec la croissance &#233;conomique, l'accumulation du capital avec tous les effets n&#233;gatifs et positifs que l'on conna&#238;t avec des rapports sociaux bien particuliers qui sont ceux du mode de production capitaliste. Dans cet aspect mythique du d&#233;veloppement, les antagonismes sociaux (ou de &#171; classes &#187;) sont recouverts par la pr&#233;gnance de &#171; valeurs communes &#187; plus ou moins partag&#233;es par tous : le progr&#232;s, l'universalisme, la ma&#238;trise de et sur la nature, la rationalit&#233; quantifiante. Or ces &#171; valeurs &#187;, en particulier le progr&#232;s, ne correspondent pas du tout &#224; des aspirations universelles profondes. Elles sont li&#233;es &#224; l'histoire de l'Occident et, plus pr&#233;cis&#233;ment encore, aux croyances qui l'ont fond&#233; (nous reviendrons sur ce point important).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) L'invention du d&#233;veloppement durable (ou sustainable development)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette expression n'est pas une invention des &#233;conomistes. C'est un slogan imagin&#233; par les grandes institutions internationales et lanc&#233; par Maurice STRONG, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNUED (Commission des Nations Unies pour l'Environnement et le D&#233;veloppement) et l'organisation de la conf&#233;rence de RIO en 1992.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa d&#233;finition est : &#171; ce qui permet de r&#233;pondre aux besoins des g&#233;n&#233;rations actuelles, sans pour autant compromettre la capacit&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; r&#233;pondre &#224; leurs propres besoins. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Quels besoins ? Silence strat&#233;gique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste avant l'ouverture de ce &#171; Sommet de la Terre &#187;, Le Buisness Council for Sustainable Development, compos&#233; de cinquante chefs de tr&#232;s grandes entreprises regroup&#233;s autour de Stephan SCHMIDHEINY, conseiller du susdit Maurice STRONG, a publi&#233; un manifeste o&#249; l'on pouvait lire sous le titre &#171; Changer de cap, r&#233;concilier le d&#233;veloppement de l'entreprise et la protection de l'environnement &#187;. &#171; En tant que dirigeants d'entreprise, nous adh&#233;rons au concept de d&#233;veloppement durable, celui qui permettra de r&#233;pondre aux besoins de l'humanit&#233; sans compromettre les chances des g&#233;n&#233;rations futures. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en r&#233;alit&#233;, toute cette affaire remonte vingt ans plus t&#244;t, en juin 1972 &#224; Stockholm (premi&#232;re conf&#233;rence mondiale sur l'environnement humain). Ignacy SACHS a r&#233;ussi &#224; imposer sa notion d'&#233;co-d&#233;veloppement &#224; l'&#233;chelle internationale. &#192; cette &#233;poque, il y a la convergence de plusieurs &#233;v&#233;nements : vague hippie aux USA, guerre du Vietnam, publication du rapport dit du Club de Rome &#171; Limits to growth &#187; traduit par Halte &#224; la croissance ? trois ans apr&#232;s que Neil Armstrong ait pos&#233; le pied sur la Lune, et l'image choc de la Terre vue pour la premi&#232;re fois depuis l'espace. Un changement de point de vue qui sugg&#232;re une nouvelle conscience. Mais d&#232;s 1974 Henry KISSINGER, &#224; l'&#233;poque chef de la diplomatie am&#233;ricaine, met un coup d'arr&#234;t &#224; l'&#233;co-d&#233;veloppement qui remet en cause le mode de d&#233;veloppement am&#233;ricain. C'est d'ailleurs la position immuable des gouvernements successifs des USA jusqu'&#224; aujourd'hui. D'ailleurs Georges BUSH (le p&#232;re) avant de se rendre &#224; RIO en 1992 rappellera l'intangible credo US &#171; Tout est n&#233;gociable sauf le niveau de vie d'un Am&#233;ricain moyen &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1984, le Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations Unies (Javier Perez de Cuellar) commande &#224; une commission, pr&#233;sid&#233;e par la Ministre Norv&#233;gienne de l'environnement GRO HARLEM BRU NDTLAND un rapport sur la question de l'&#233;co-d&#233;veloppement qui sera rendu en 1987 (quelque mois apr&#232;s Tchernobyl) ce qui explique le succ&#232;s de ce texte qui pour la premi&#232;re fois parle de &#171; sustainable development &#187;... Son message est le suivant : il est urgent d'inventer une croissance qui ne p&#233;nalise pas les g&#233;n&#233;rations futures. L'&#233;conomie, l'environnement et le progr&#232;s social doivent permettre, ensemble, le d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne, ou presque, ne voit &#224; l'&#233;poque la monstruosit&#233; verbale de l'expression elle-m&#234;me. En effet, l'oxymore (ou antinomie) est parfait. On appelle oxymore une figure de rh&#233;torique qui consiste &#224; juxtaposer deux mots contradictoires, comme &#171; l'obscure clart&#233; qui tombe des &#233;toiles &#187; de Victor HUGO, &#171; Une douce violence &#187; &#171; H&#226;te-toi lentement &#187;... Les technocrates en sont devenus tr&#232;s friands pour faire croire &#224; l'impossible. Ainsi : &#171; une guerre propre &#187; &#171; pr&#233;ventive &#187;, ou pire encore &#171; une guerre humanitaire &#187;, &#171; une mondialisation &#224; visage humain &#187;, &#171; une &#233;conomie solidaire &#187;, &#171; un commerce &#233;quitable &#187;, ou ... le d&#233;veloppement durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a not&#233; Nicholas GEORGESCU-ROEGEN (dont je reparlerai dans un instant) &#171; Le d&#233;veloppement durable ne peut &#234;tre en aucun cas s&#233;par&#233; de la croissance &#233;conomique (...) En v&#233;rit&#233; qui a jamais pu penser que le d&#233;veloppement n'implique pas n&#233;cessairement quelque croissance ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me avec le d&#233;veloppement soutenable n'est pas avec le mot &#171; soutenable &#187; qui est une belle expression qui se r&#233;f&#232;re au Principe de responsabilit&#233;, de Hans JONAS.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me est avec le mot &#171; d&#233;veloppement &#187; lui-m&#234;me, comme nous l'avons soulign&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II : UNE CRITIQUE RADICALE DE L'ECONOMISME&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; LA D&#201;CROISSANCE SOUTENABLE &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A : ARGUMENTS TH&#201;ORIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e &#233;conomique occidentale, en consid&#233;rant le processus &#233;conomique comme un mouvement m&#233;canique de va et vient entre production et consommation dans un syst&#232;me clos, a compl&#232;tement ignor&#233; la m&#233;tamorphose de la science depuis la double r&#233;volution de CARNOT et DARWIN : la d&#233;couverte de l'entropie et de l'&#233;volution. Fond&#233;e sur le dogme m&#233;caniste, de plus en plus anachronique, la science &#233;conomique de la croissance n&#233;glige superbement les dimensions biog&#233;ophysiques de l'activit&#233; humaine et nie l'existence de la biosph&#232;re dont nous d&#233;pendons.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'id&#233;e &#171; politique &#187; qui se d&#233;gage de ce livre est que d&#233;sormais, non seulement il ne peut plus &#234;tre question &#224; l'&#233;chelle mondiale de &#171; croissance durable &#187;, ni m&#234;me de &#171; croissance z&#233;ro &#187;, mais la d&#233;croissance est d&#233;sormais in&#233;vitable pour un accomplissement r&#233;ellement durable de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEORGESCU ROEGEN se pr&#233;occupe de la survie de l'esp&#232;ce humaine et donc de l'habitabilit&#233; de la Terre. En fondant une bio &#233;conomie, science interdisciplinaire aux cons&#233;quences bouleversantes, l'&#339;uvre de ce scientifique dissident se situe au c&#339;ur du d&#233;bat actuel sur la crise de notre civilisation militaro-industrielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'on peut lire en 4&#232;me de couverture du livre titr&#233; &#171; LA DECROISSANCE &#187; Entropie-Ecologie-Economie. de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN Pr&#233;sentation et traduction de Jacques GRINEVALD et Ivo RENS, Editions : Sang de la terre. 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui est Nicholas GEORGESCU-ROEGEN inventeur de la notion de D&#233;croissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note biographique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1906- 1994, N&#233; en Roumanie, Nicholas GEORGESCU-ROEGEN est d'abord un math&#233;maticien, docteur en statistiques en 1930 &#224; la Sorbonne. Il rencontre SCHUMPETER &#224; Harvard au milieu des ann&#233;es 30 et s'oriente d&#233;finitivement vers la science &#233;conomique. Il &#233;migra aux USA en 1948. Son livre majeur, The entropy law and the economic process, a &#233;t&#233; publi&#233; en 1971.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment r&#233;sumer la th&#232;se de l'inventeur de la d&#233;croissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.G.R constate que le processus &#233;conomique est repr&#233;sent&#233; dans les manuels courants par un diagramme circulaire enfermant le mouvement de va-et-vient entre la production et la consommation dans un syst&#232;me compl&#232;tement clos. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;conomistes classiques ou marxistes ont tendance &#224; penser que tout ce que la nature offre &#224; l'homme n'est que don gratuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques &#233;conomistes ont relev&#233; que l'homme ne peut ni cr&#233;er ni d&#233;truire de la mati&#232;re ou de l'&#233;nergie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que fait alors le processus &#233;conomique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment est-il possible que l'homme produise quelque chose de mat&#233;riel, &#233;tant donn&#233; qu'il ne peut produire ni mati&#232;re ni &#233;nergie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un point de vue strictement physique, le processus mat&#233;riel se limite &#224; absorber de la mati&#232;re-&#233;nergie pour la rejeter continuellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui entre dans le processus &#233;conomique consiste en ressources naturelles de valeurs et ce qui en est rejet&#233; consiste en d&#233;chets sans valeur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du point de vue de la thermodynamique, la mati&#232;re-&#233;nergie absorb&#233;e par le processus &#233;conomique l'est dans un &#233;tat dit de basse entropie et elle en sort dans un &#233;tat de haute entropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas facile d'expliquer ce qu'est l'entropie (de plus cette notion circule de nos jours avec diff&#233;rentes significations dont toutes ne sont pas associ&#233;es &#224; une fonction physique). Disons pour simplifier que c'est une mesure de l'&#233;nergie inutilisable dans un syst&#232;me thermodynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que signifie cette expression : &#171; &#233;nergie inutilisable &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;nergie se pr&#233;sente sous deux &#233;tats qualitativement diff&#233;rents, l'&#233;nergie utilisable ou libre, sur laquelle l'homme peut exercer une ma&#238;trise presque compl&#232;te et l'&#233;nergie inutilisable ou li&#233;e, que l'homme ne peut absolument pas utiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemples : L'&#233;nergie chimique contenue dans un morceau de charbon est de l'&#233;nergie libre parce que l'homme peut la transformer en chaleur ou en travail m&#233;canique. Mais la quantit&#233; fantastique d'&#233;nergie thermique contenue dans l'eau des oc&#233;ans est de l'&#233;nergie li&#233;e. Les bateaux naviguent &#224; la surface de cette &#233;nergie, mais, pour ce faire, ils ont besoin de l'&#233;nergie libre d'un quelconque carburant ou bien du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sadi CARNOT, physicien fran&#231;ais, (1796. 1832), inventeur du second puis premier principe de la thermodynamique (partie de la physique qui traite des relations entre les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;caniques et calorifiques). &lt;br class='autobr' /&gt;
1)	Si 2 sources de temp&#233;ratures diff&#233;rentes T1 et T2 sont mises en relation, la chaleur s'&#233;coule de la source &#171; chaude &#187; vers la source &#171; froide &#187; (et non le contraire).&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Dans une transformation cyclique monotherme, il peut y avoir du travail consomm&#233; et de la chaleur fournie (et non pas le contraire). Ainsi, l'irr&#233;versibilit&#233; thermodynamique est postul&#233;e dans la (double) forme m&#234;me du Principe de Carnot. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est CLAUSIUS, (en 1850) qui a d&#233;gag&#233; du Principe de CARNOT la notion d'entropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Deuxi&#232;me Principe de la Thermodynamique est appel&#233; aussi Loi ou principe de l'Entropie. Cette loi stipule que l'entropie (c'est-&#224;-dire la quantit&#233; d'&#233;nergie li&#233;e) d'un syst&#232;me clos cro&#238;t constamment ou que l'ordre d'un tel syst&#232;me se transforme continuellement en d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour GEORGESCU-ROEGEN, c'est l'entropie qui explique la raret&#233; (notion tr&#232;s d&#233;licate en raison de ses ramification sociales et politiques, et qui est au c&#339;ur du processus &#233;conomique).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un environnement fini, limit&#233; comme celui de notre plan&#232;te, on peut dire que la vie biologique est un syst&#232;me ouvert qui b&#233;n&#233;ficie de l'&#233;norme flux d'&#233;nergie solaire, mais la civilisation humaine, en transformant la mati&#232;re, poursuit l'&#233;volution &#224; un autre niveau, dans un syst&#232;me clos o&#249; le processus d'augmentation naturelle de l'entropie peut &#234;tre acc&#233;l&#233;r&#233; ou frein&#233; mais non renvers&#233;. C'est donc tout le processus &#233;conomique qu'il s'agit de repenser &#224; la lumi&#232;re du principe d'entropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout organisme vivant s'efforce de maintenir constante sa propre entropie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il le fait en puisant dans la nature (son environnement) de la basse entropie afin de compenser l'augmentation de l'entropie &#224; laquelle son organisme est sujet. Mais l'entropie du syst&#232;me total ne peut que cro&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt;
En terme d'entropie, le co&#251;t de toute &#171; entreprise &#187; (production) biologique ou &#233;conomique est toujours plus grand que le produit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle diff&#233;rence peut-on faire entre un morceau de charbon et un pot de terre v&#233;g&#233;tale ? Le morceau de charbon ne peut &#234;tre utilis&#233; qu'une seule fois pour produire de la chaleur-&#233;nergie. La terre contenue dans un pot peut servir plusieurs fois, mais reste n&#233;anmoins soumise &#224; seuil d'&#233;puisement (diff&#233;r&#233;) si elle n'est pas renouvel&#233;e en enrichissement par la m&#233;tamorphose m&#234;me des plantes qu'elle a nourrit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'agriculture traditionnelle tirait profit de l'&#233;nergie solaire. Depuis l'agriculture m&#233;canis&#233;e, enrichie par des engrais chimiques industriels, l'&#233;nergie ne provient plus du soleil mais de la mati&#232;re terrestre. D&#232;s lors, l'agriculture elle-m&#234;me devient un processus entropique. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le fait de puiser constamment dans les ressources naturelles n'est pas sans incidence sur l'histoire. Il est m&#234;me, &#224; long terme, l'&#233;l&#233;ment le plus important du destin de l'humanit&#233;. &#187; (NGR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus &#233;conomique n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne isol&#233;, m&#233;canique et circulaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il agit dans et sur un milieu complexe au sein duquel les interactions sont multiples : la lithosph&#232;re (les extractions d'hydrocarbures et de minerais sont par d&#233;finition de plus en plus co&#251;teux &#224; extraire au fur et &#224; mesure qu'il faut creuser plus profond), l'hydrosph&#232;re (rivi&#232;res, mers et oc&#233;ans qui supportent en bout de cha&#238;ne toutes les pollutions li&#233;es aux activit&#233;s anthropiques), et enfin la biosph&#232;re proprement dite (VERNADSKI), c'est-&#224;-dire cette &#171; couche id&#233;ale form&#233;e par l'ensemble des &#234;tres vivants &#224; la surface du globe terrestre et dans les oc&#233;ans &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout autre processus du vivant, le processus &#233;conomique est irr&#233;versible (et l'est irr&#233;vocablement) ; il est soumis &#224; la fl&#232;che du temps et &#171; la fl&#232;che du temps est la propri&#233;t&#233; la plus universelle de notre Univers &#187; (Ilya PRIGOGINE qui vient de mourir &#224; Bruxelles le 28 mai) ; par cons&#233;quent on ne peut pas rendre compte du processus &#233;conomique en termes m&#233;caniques seulement. C'est ce m&#234;me PRIGOGINE qui d&#233;clarait : &#171; De la m&#233;canique classique (Newton), &#233;merge un monde soumis, esclave, &#224; genoux devant un homme capable de tout voir et tout pr&#233;voir. Mais c'est la nature elle-m&#234;me qui impose des limites &#224; la description et &#224; la pr&#233;vision &#187;. (Madame Claudie HAIGNER&#201;, dans un livre r&#233;cent peu lu mais tir&#233; &#224; 800.000 exemplaires, n'h&#233;site pourtant pas &#224; &#233;crire que &#171; L'espace doit &#234;tre au service de notre quotidien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus &#233;conomique comporte une &#233;volution irr&#233;vocable &#224; sens unique. Il est lui-m&#234;me soumis &#224; la loi de l'entropie. Dans le monde &#233;conomique, seule la monnaie circule dans les deux sens d'un secteur &#233;conomique &#224; l'autre, ce qui indique que la mon&#233;tarisation de l'&#233;conomie rel&#232;ve du pire des f&#233;tichismes &#233;conomiques, et que l'&#233;conomie ainsi con&#231;ue est une pure fiction mais un total danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes orthodoxes ont d&#233;fendu et d&#233;fendent la croissance des attaques des &#233;cologistes radicaux avec une multitude d'arguments dont le noyau th&#233;orique se base sur le concept de progr&#232;s technologique. L'id&#233;e fondamentale est que le progr&#232;s technologique consentira, comme par le pass&#233;, de permettre de produire une quantit&#233; majeure de biens en utilisant une quantit&#233; mineure de mati&#232;re et d'&#233;nergie. Ce ph&#233;nom&#232;ne appel&#233; d&#233;mat&#233;rialisation du capital, a suscit&#233; un vif int&#233;r&#234;t chez les &#233;conomistes qui en ont vant&#233; les potentialit&#233;s pour la &#171; new economy &#187; en particulier.&lt;br class='autobr' /&gt;
IL est vrai qu'une unit&#233; de production est produite aujourd'hui avec moins d'&#233;nergie qu'il n'en fallait dans les ann&#233;es soixante-dix, la consommation d'&#233;nergie (mesur&#233;e comme &#233;nergie par unit&#233;) a diminu&#233; de 25 % (moyenne de l'OCDE) dans les pays de l'OCDE de 1970 &#224; 1988. Mais cette diminution de la consommation d'&#233;nergie n'a pas men&#233; &#224; une r&#233;duction de la quantit&#233; totale d'&#233;nergie. L'utilisation totale d'&#233;nergie a augment&#233; de 30 % pendant la m&#234;me p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(si un ing&#233;nieur occidental produisant des ordinateurs utilise moins de capital naturel que n'en utilise un travailleur indien employ&#233; pour la production de colorants, combien de capital naturel demande la production d'un ing&#233;nieur et des technologies informatiques en g&#233;n&#233;ral ?)&lt;br class='autobr' /&gt;
En agriculture par exemple (100quintaux/ha de bl&#233; atteints en 1971 dans la Bauce), on pourrait, outre le co&#251;t &#233;nerg&#233;tique d'une telle performance, &#233;voquer aussi le co&#251;t social global du gain de productivit&#233;, sans parler du co&#251;t &#233;cologique ni du co&#251;t esth&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut retenir d'essentiel, c'est le point suivant : la plan&#232;te Terre constitue un capital unique qui n'est pas in&#233;puisable. Puiser dans son capital pour accro&#238;tre sa richesse apparente (croissance &#233;conomique) n'est, simplement, pas durable. L'espace de l'&#233;conomiste ne devrait plus &#234;tre la nation mais la plan&#232;te. Non plus un syst&#232;me ouvert &#171; guerrier &#187; mais un syst&#232;me ferm&#233; &#171; pacifi&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B : ARGUMENTS POLITIQUES &lt;br class='autobr' /&gt;
POUR LA D&#201;CROISSANCE SOUTENABLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le concept de d&#233;croissance appartient &#224; Nicholas GEORGESCU-ROEGEN, celui de &#171; d&#233;croissance soutenable &#187; est n&#233; de l'inversion critique et positive de la notion de &#171; d&#233;veloppement durable &#187; (dont on a vu plus tout &#224; l'heure l'absurdit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; PASSET d&#232;s les ann&#233;es 70 a montr&#233; dans ses travaux que la logique de croissance &#233;conomique infinie propre au capitalisme &#233;tait proprement insoutenable. Tant que notre mode de vie repose sur la consommation d'un capital non reproductible, il n'est, par d&#233;finition pas reproductible ind&#233;finiment.&lt;br class='autobr' /&gt;
An nom de Ren&#233; PASSET, il convient d'ajouter ceux de Fran&#231;ois PARTANT et de Serge LATOUCHE. Le premier nous a malheureusement quitt&#233;, en 1989. Le second, devenu pr&#233;sident de &#171; La LIGNE D'HORIZON &#187; (Association des amis de Fran&#231;ois PARTANT) a organis&#233; &#224; l'UNESCO en mars 2002 un colloque intitul&#233; &#171; D&#233;faire le d&#233;veloppement, refaire le monde &#187; (ce fut la derni&#232;re apparition publique d'Ivan ILLICH). Serge LATOUCHE est &#233;galement l'auteur du &#171; Manifeste du r&#233;seau pour l'apr&#232;s-d&#233;veloppement &#187; et participera au colloque de LYON des 26 et 27 septembre prochain sur le th&#232;me de &#171; La d&#233;croissance soutenable &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insistons, une fois encore, pour bien faire comprendre que &#171; la croissance &#187; est un ph&#233;nom&#232;ne social et politique autant qu'&#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tenants de la barbarie ultra-lib&#233;rale voudraient nous faire croire que la croissance ne rel&#232;verait que de la technique &#233;conomique hors de toute id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvenons-nous d'autre part que, depuis le 11 septembre 2001, la d&#233;finition du terrorisme tend &#224; permettre de qualifier de &#171; terroriste &#187; toute action sociale ou politique anticapitaliste radicale. &lt;br class='autobr' /&gt;
On se rappelle &#233;galement le mot d'ordre, &#224; ce moment l&#224; &#224; Washington comme dans la bouche de Lionel JOSPIN, : &#171; consommez patriotique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;croissance = appauvrissement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de d&#233;croissance inqui&#232;te parce qu'elle sous-tend un a priori de privation ou de sacrifice. Elle s'oppose frontalement aux affirmations des sp&#233;cialistes reconnus. Elle invalide un dogme fondateur de l'ORDRE MARCHAND qui structure la soci&#233;t&#233; moderne (et depuis bien longtemps !). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les marchands seraient-ils donc seuls dispens&#233;s envers le corps social, des devoirs qu'on impose &#224; tant de classes plus recommandables ? (...) L'&#233;conomie politique veut qu'on interdise toute surveillance sur leurs machinations ; s'ils affament une contr&#233;e, s'ils troublent son industrie par des accaparements et des banqueroutes, tout est justifi&#233; par le seul titre de marchand. (...) Autrefois, c'&#233;tait l'infaillibilit&#233; du pape, aujourd'hui c'est celle des marchands qu'on veut &#233;tablir &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Charles FOURIER, Th&#233;orie des quatre &#233;l&#233;ments et des destin&#233;s particuli&#232;res, 1808, (r&#233;&#233;dition par Jean-Jacques PAUVERT, PARIS, 1967, p. 207)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;croissance met en doute un postulat soutenu par tout l'appareil &#233;conomique, politique et m&#233;diatique, celui qui fait de la croissance &#233;conomique la condition sine qua non de la progression du &#171; bien-&#234;tre &#187;, confondu avec &#171; l'avoir plus &#187; (PLUS =MIEUX ?) qui est bien loin de &#171; la joie de vivre &#187; dont parle GEORGESCU-ROEGEN !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Croissance = Enrichissement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette affirmation est une croyance fort r&#233;pandue. Pourtant les faits &#233;conomiques et sociaux d&#233;montrent chaque jour l'absurdit&#233; d'une telle proposition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ne parler que de la France, jamais, depuis un demi-si&#232;cle, notre croissance &#233;conomique ne s'est arr&#234;t&#233;e. Malgr&#233; cela un Fran&#231;ais sur cinq vit dans la pr&#233;carit&#233; et deux sur cinq sont en difficult&#233; permanente. Nous croissons dans la production de marchandises, mais en supprimant les invendus que nous pourrions distribuer. La croissance d&#233;truit en r&#233;alit&#233; plus d'emplois qu'elle n'en cr&#233;&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 1975, la courbe de l'emploi a nettement chut&#233; par rapport &#224; celle de l'investissement en capital de production. R&#233;sultat : la production totale a presque doubl&#233;, mais l'emploi a r&#233;gress&#233;. La richesse financi&#232;re des entreprises augmente consid&#233;rablement alors que l'entreprise distribue de moins en moins de revenus &#224; l'ensemble des &#171; producteurs &#187; (les employ&#233;s de l'entreprise).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si la croissance d&#233;truit en r&#233;alit&#233; plus d'emplois qu'elle n'en cr&#233;e, cette r&#233;alit&#233; est occult&#233;e par les aides directes et indirectes des Etats, que peuvent se permettre, pour le moment, nos soci&#233;t&#233;s riches. En France, on prive d'emploi 3 millions de personnes qu'on invite express&#233;ment &#224; en retrouver un, mais on demande aux autres d'acc&#233;l&#233;rer les cadences, au profit d'un actionnariat uniquement soucieux du &#171; retour sur investissement &#187; principe de base du capitalisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes dans une &#233;conomie de march&#233; mais aussi dans une soci&#233;t&#233; de march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La croissance vise la rentabilit&#233; financi&#232;re. Un travail doit fournir une rente &#224; &#171; ceux qui prennent des risques &#187;, les investisseurs petits ou gros. Selon les &#233;conomistes classiques, &#171; le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral &#187; ne surgit-il pas des antagonismes particuliers. Voil&#224; bien l'argument le plus saugrenu en faveur du syst&#232;me g&#233;n&#233;rateur de la croissance &#233;conomique sans limites. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment une soci&#233;t&#233; peut-elle politiquement fonctionner sainement lorsque tous les int&#233;r&#234;ts particuliers s'opposent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cause du mensonge entretenu et orchestr&#233; par les m&#233;dias sur le caract&#232;re in&#233;luctable et &#171; exclusivement techIII : LES ALTERNATIVES PRATIQUES A LA SOCI&#201;T&#201; DE CROISSANCE &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment entrer dans une soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tiens &#224; faire trois remarques pr&#233;alables &#224; cette br&#232;ve troisi&#232;me partie de mon expos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
1)	Je ne suis pas l&#224; pour apporter des solutions toutes faites, ou des recettes. Je ne peux qu'indiquer quelques pistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
2)	L'objectif de la croissance pour la croissance est insens&#233; et suicidaire. Cet objectif n'est que la recherche effr&#233;n&#233;e du profit par les d&#233;tenteurs du capital. Toutefois il ne s'agit pas, &#224; l'inverse caricatural, de pr&#244;ner la d&#233;croissance pour la d&#233;croissance. En particulier, la d&#233;croissance n'est pas la croissance n&#233;gative. La d&#233;croissance n'est envisageable qu'&#224; la condition de sortir de l'&#233;conomie de croissance et d'entrer dans une &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;croissance &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
3)	Les conditions pour tendre vers cet objectif sont les suivantes : d&#233;coloniser notre imaginaire, sortir de nos conditionnements, mettre en &#339;uvre de v&#233;ritables alternatives autonomes et conviviales, &#224; petites &#233;chelles avant d'esp&#233;rer une mod&#233;lisation &#224; une &#233;chelle de microsoci&#233;t&#233;s autonomes et reli&#233;es en r&#233;seau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conviction est que les solutions alternatives existent et sont pratiqu&#233;es un peu partout dans le monde, mais qu'elles ne parviennent pas au grand public &#224; cause de la soumission des m&#233;dias au mod&#232;le dominant sans doute, mais, &#233;galement, parce que la plupart d'entre nous ne sommes pas pr&#234;ts &#224; entendre ni &#224; voir des solutions &#233;trang&#232;res &#224; nos conditionnements d'occidentaux install&#233;s dans le confort. Y compris, quand notre mauvaise conscience nous am&#232;ne, par exemple, &#224; nous int&#233;resser au commerce &#233;quitable sans que nous nous rendions compte qu'il l'est bien peu ... &#233;quitable. (voir : les dix arguments contre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour dire que les solutions sont &#224; inventer ensemble et par tous, mises en pratiques, test&#233;es et reconnues ; que nous devons lutter pour conqu&#233;rir des espaces de mises en &#339;uvre des alternatives globales concr&#232;tes et coh&#233;rentes avec une pens&#233;e lib&#233;r&#233;e du mod&#232;le et des conditionnements dominants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Soyons convaincus que, dans l'&#233;tat actuel de notre monde, r&#233;sister c'est d&#233;j&#224; cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci &#233;tant dit, voici quelques pistes que j'ai class&#233;es (comme en alpinisme) par ordre de difficult&#233;s croissantes :&lt;br class='autobr' /&gt;
4)	Tout ce qui tourne autour du vrai sens de l'expression &#171; pouvoir d'achat &#187;. C'est-&#224;-dire : moins la quantit&#233; de monnaie, disponible pour acheter n'importe quoi, mais le r&#233;el pouvoir de choix que nous avons dans l'acte d'acheter ou non tel ou tel objet. Le pouvoir est au fond du caddie !&lt;br class='autobr' /&gt;
5)	Tout ce qui rel&#232;ve de la re-localisation de l'&#233;conomie et de la notion &#171; produire et consommer localement &#187; (exemple des deux camions de tomates)&lt;br class='autobr' /&gt;
3)	L'espace de la r&#233;ciprocit&#233; retourn&#233; quasiment &#224; la friche dans nos soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
4)	La simplicit&#233; volontaire et le choix des biens relationnels (&#202;TRE OU AVOIR). En effet, si je ne vous ai pas perdu en route, vous comprendrez qu'il s'agit bien de passer du couple &#171; infernal &#187; TEMPS/MARCHANDISE au couple &#171; lib&#233;ratoire &#187; ESPACES(S)/RELATION(S)&lt;br class='autobr' /&gt;
5)	Enfin, difficult&#233; la plus grande mais qui n'est pas &#224; proprement parler du domaine pratique mais qui, de mon point de vue, d&#233;termine largement la valeur de nos convictions pour entrer pratiquement dans une soci&#233;t&#233; de &#171; d&#233;croissance soutenable &#187; : je veux parler de l'origine encore largement et collectivement inconsciente du mythe de la croissance propre &#224; notre civilisation occidentale. En d'autres termes la question la plus difficile et en m&#234;me temps la plus vitale est celle du fondement de nos croyances, celle du fondement des croyances de l'Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'est-il pas &#233;crit d&#232;s le d&#233;but du livre fondateur de l'Occident (la Bible) la fameuse injonction : &#171; Croissez et multipliez-vous &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pourrais longuement parler de cette question et de la responsabilit&#233; du monoth&#233;isme de Mo&#239;se revisit&#233; par Saint Paul dans notre situation actuelle. Mais cela serait une autre conf&#233;rence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pense simplement que pour sortir du labyrinthe dans lequel nous sommes aujourd'hui, pour ne pas dire l'impasse tragique dans laquelle nous nous trouvons et qui a une influence suicidaire sur nos rapports avec la nature, les autres et nous-m&#234;mes, il convient de savoir comment nous y sommes entr&#233;s, dans ce labyrinthe, dans cette impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprendre la singularit&#233; unique du socle des croyances et des religions occidentales (Juda&#239;sme, Christianisme(s), Islam) &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir comment la science de l'Occident est directement issue de sa religion malgr&#233; les oppositions historiques dramatiques qui ont accompagn&#233; sa naissance. (Francis BACON 1561, 1626, contemporain de SHAKESPEARE 1564 1616 : &#171; Nous allons avec la science effacer le p&#233;ch&#233; originel &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, ma conviction profonde est, vous vous en doutez, qu'il convient d'abandonner joyeusement cette injonction biblique pour une invitation urgente plus modeste et seule r&#233;aliste pour aujourd'hui comme pour demain : &#171; D&#233;croissez et accomplissez-vous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; en sommes-nous ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes au pied du mur. Nous devons dire ce qui compte le plus pour nous, pour chacun d'entre nous : notre exigence d'&#233;quit&#233; et de justice qui d&#233;bouche concr&#232;tement sur des principes d'universalisation, ou bien notre mode de d&#233;veloppement, de croissance et en fin de compte de confort. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je rappelle pour m&#233;moire que, selon la m&#233;thode que l'on appelle l'empreinte &#233;cologique, il faudrait deux plan&#232;tes suppl&#233;mentaires si l'on souhaitait le mode de vie des Fran&#231;ais pour l'ensemble de la plan&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ou bien la partie privil&#233;gi&#233;e de la plan&#232;te s'isole, ce qui voudra dire qu'elle se prot&#232;ge par des boucliers ou des murs de toutes sortes contre des pressions et des agressions que le ressentiment des laiss&#233;s pour compte concevra chaque fois plus cruelles ; ou bien s'invente un autre mode de relation au monde, &#224; la nature, aux choses et aux &#234;tres qui aura la propri&#233;t&#233; de pouvoir &#234;tre universalis&#233; &#224; l'&#233;chelle de l'humanit&#233; toute enti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
(Tanger et Lampedusa+ Ren&#233; Dumont &#224; Washington)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je conclurai enfin mon propos par la petite histoire suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque temps, dans un petit village c&#244;tier mexicain, un Am&#233;ricain rencontre un p&#234;cheur mexicain en train de se r&#233;veiller de la sieste dans un hamac sur le seuil de sa maison. &lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Pourquoi ne restez-vous pas en mer plus longtemps ? &#187; demande l'Am&#233;ricain. Le Mexicain r&#233;pond que sa p&#234;che quotidienne suffit &#224; subvenir aux besoins de sa famille. L'Am&#233;ricain lui demande alors :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Que faites-vous le reste du temps ? &#187;
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Je fais la grasse matin&#233;e, je p&#234;che un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme et le soir je vais vois mes amis. Nous buvons du vin et nous jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie &#187; L'Am&#233;ricain l'interrompt :
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Suivez mon conseil : commencez par p&#234;cher plus longtemps. Avec les b&#233;n&#233;fices, vous ach&#232;terez un gros bateau. Avec l'argent que vous rapportera ce gros bateau, vous ouvrirez votre propre usine. Vous quitterez votre village pour Mexico, puis New York, d'o&#249; vous dirigerez toutes vos affaires &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Et apr&#232;s ? &#187;, interroge le Mexicain.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Apr&#232;s, dit l'Am&#233;ricain, vous introduirez votre soci&#233;t&#233; en bourse et vous gagnerez des millions &#187;.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Des millions ! Mais apr&#232;s ? &#187; r&#233;plique le p&#234;cheur.
&lt;br /&gt;&lt;img src='https://www.journarles.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif?1579183421' width='8' height='11' class='puce' alt=&#034;-&#034; /&gt; &#171; Apr&#232;s, vous pourrez prendre votre retraite, habiter un petit village c&#244;tier, faire la grasse matin&#233;e, jouer avec vos enfants, p&#234;cher un peu, faire la sieste avec votre femme, passer vos soir&#233;es &#224; boire et &#224; jouer de la guitare avec vos amis ! &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue &#171; L'&#233;cologiste &#187; : en particulier le N&#176; sp&#233;cial N&#176;6 Hiver 2001 volume 2 N&#176;4&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D&#233;faire le d&#233;veloppement, REFAIRE LE MONDE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois PARTANT : La fin du d&#233;veloppement, Actes Sud 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard CHARBONNEAU : Le syst&#232;me et le chaos, Economica, 1973, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre CLASTRES : La soci&#233;t&#233; contre l'&#233;tat, Editions de minuit, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gustavo ESTEVA, Wolfang SACHS : Des ruines du d&#233;veloppement, Ecosoci&#233;t&#233; 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gilbert RIST : Le d&#233;veloppement, histoire d'une croyance occidentale, Sciences Po 2001&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicholas GEOGESCU-ROEGEN : La d&#233;croissance, entropie-&#233;cologie-&#233;conomie, &lt;br class='autobr' /&gt;
Sang de la terre 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean ARROUS, Les th&#233;ories de la croissance, Seuil 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DECROISSANCE SOUTENABLE&lt;br class='autobr' /&gt;
Colloque de LYON (H&#244;tel de Ville) 26 et 27 septembre 2003.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inscription 20 Euros sur papier libre (ch&#232;que &#224; l'ordre de l'I.E.E.S.D.S., 41 rue des Martyrs de Vingr&#233;, 42000 SAINT ETIENNE. T&#233;l. /Fax : 04 77 41 18 16&lt;br class='autobr' /&gt;
Courriel : contact@decroissance.org - &lt;a href=&#034;http://www.decroissance.org&#034; class='spip_url spip_out auto' rel='nofollow external'&gt;www.decroissance.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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