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Le lobby pro OGM continue comme si de rien était...

Un géant de l’édition scientifique retire une publication sur des résultats de recherche...

Contribution d’un ami lecteur de JournArles

samedi 7 décembre 2013, par Forum Civique Européen

Giles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen, a mené une étude toxicologique sur un maïs génétiquement modifié (OGM) et l’herbicide Roundup impliquant 200 rats sur une période de deux ans : il a constaté une augmentation alarmante des décès précoces, des grosses tumeurs, y compris des cancers et des maladies du foie et des reins. L’étude a été publiée en 2012 par la revue Food and Chemical Toxicology (FCT). Ce qui suivit fut une campagne mondiale concertée pour discréditer les conclusions de ce groupe de recherche, y compris la nomination de l’ex-scientifique de Monsanto Richard Goodman au poste nouvellement créé de rédacteur en chef adjoint de la biotechnologie auprès de la revue Food and Chemical Toxicology FCT. Il y a quelques jours, l’étude de Seralini a été retiré du site. Elle n’est donc plus accessible à cet endroit. Raison pour laquelle JournArles vous sert les liens vers l’ensemble de cette publication.

"Le retrait de l’article sur les résultats des recherches du groupe Séralini est une violation de la science et de l’éthique"


par le Dr Mae-Wan Ho & le Professeur Peter Saunders
vendredi 6 décembre 2013

Un géant de l’édition scientifique, renommé pour ses revues pharmaceutiques truquées, retire maintenant une publication sur des résultats de recherche qui sont accablants contre les OGM et l’herbicide Roundup, au nom de l’industrie des biotechnologies.

L’étude, publiée en 2012 par la revue Food and Chemical Toxicology (FCT), était loin d’être la première, ni la seule à montrer les effets néfastes sur la santé des aliments génétiquement modifiés (OGM) et de l’herbicide Roundup.
 [1]
 Gilles-Éric SERALINI
Cette publication du groupe Séralini constituait le plus récent avertissement – et peut-être le plus spectaculaire – et il présentait les résultats d’une étude toxicologique jamais conduite auparavant : en profondeur et à long terme. De manière significative, la plupart des effets les plus dommageables sont apparus après 90 jours d’expérimentation, qui est la durée retenue officiellement pour faire les essais de toxicologie alimentaire en vue d’accorder l’autorisation réglementaire des OGM. 

Le 27 novembre 2013, l’éditeur de la revue Food and Chemical Toxicology FCT, Wallace Hayes, a écrit à l’équipe de Séralini en leur demandant de retirer leur article publié il y a tout juste un an.

Les critiques de fond se ramènent à deux : la souche de rats de laboratoire ‘Sprague-Dawley’ utilisée était inappropriée, car elle est sujette aux cancers, d’une part, et le nombre d’animaux à utiliser pour des tests sur le cancer trop petit, d’autre part. En fait, l’étude n’avait pas explicitement comme objectif de faire une étude sur les cancers, mais concernait une expérimentation de toxicologie alimentaire, pour laquelle la souche de rongeurs de laboratoire ‘Sprague-Dawley’ est la souche la plus couramment utilisée, et le nombre d’animaux, soit 10 dans chaque groupe, était en conformité avec les directives de l’OCDE [2] pour conduire ce type d’expérimentation.

La raison pour laquelle le protocole de l’OCDE recommande de plus grands groupes d’animaux pour le dépistage du cancer que pour une étude de toxicité, est que le cancer est moins fréquent et prend plus de temps à se manifester et qu’il est donc plus susceptible d’être interrompu, c’est-à-dire que le but est d’éviter un faux négatif. Le fait que des tumeurs et des cancers en excès aient été détectés, même chez 10 animaux, est sans doute d’autant plus important, et peut-être en raison du fort potentiel cancérogène des agents testés.
Même si l’étude n’avait pas été conçue pour tester l’apparition de cancers, il aurait été totalement irresponsable de la part de Séralini et de son groupe de chercheurs de ne pas déclarer ce qu’ils avaient trouvé.

Il est important que cet article reste dans le domaine public à cause de ses implications sur la santé publique.

L’équipe de Séralini l’a souligné, que le retrait de leur article est une violation des normes éthiques internationales telles qu’elles sont prescrites par le COPE (Committee on Publication Ethics), et acceptées par la revue Food and Chemical Toxicology FCT : l’article avait été examiné le plus soigneusement possible et, de l’aveu clair de l’éditeur de cette revue, aucune fraude ou erreur n’avait été commise. [3]

L’équipe de Séralini s’élève fermement contre ce retrait et entend recourir à des mesures juridiques contre la revue pour protéger leurs droits.
Un groupe de scientifiques a rédigé une lettre ouverte demandant l’ annulation du retrait de l’article en question et des excuses publiques exprimées auprès des auteurs. Ces mêmes informent qu’ils vont boycotter la société Elsevier, refuser d’acheter des produits Elsevier et arrêter de soumettre des articles pour publication, des articles de synthèse ou de faire un travail éditorial pour Elsevier. La lettre est ouverte à la signature pour les scientifiques, d’une part, et pour les non-scientifiques, d’autre part..

S’il vous plaît, signez et diffusez le plus largement possible.

Jacques HALLARD


Jacques Hallard, Ing. CNAM, consultant indépendant.

Jacques HALLARD fait régulièrement un travail de traduction et de diffusion des publication de ISIS [L’article original est intitulé Retracting Séralini Study Violates Science and Ethics et il est accessible sur le site : http://www.i-sis.org.uk/Retracting_Serallini_study_violates_science_and_ethics.php
Références
]

On peut le contacter via l’adresse mail : jacques.hallard921@orange.fr

Notes

[1Version en français ’On ne peut plus ignorer l’alerte sur les cancers résultant des OGM’ par le Prof Peter Saunders et le Dr Mae-Wan Ho. Traduction et compléments de Jacques Hallard ; accessible sur : http://www.isias.lautre.net/spip.php?article261

[2(Organisation de coopération et de développement économiques)

[3Ce n’est pas la première fois que l’éditeur Elsevier se plie aux pressions des grands groupes transnationales.
L’éditeur Elsevier est connu pour avoir publié 6 revues truquées commanditées par des sociétés pharmaceutiques anonymes.

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